Hebdogiciel n°98 page 1 AMSTRAD CPC 6128 PETIT, MAIS COSTAUD En grand secret, pendant les vacances, Amstrad met en place le CPC 6128. Encore un 128 Ko 8 bits. Mais... L'AVENTURE Alors que je rentre chez moi, de retour des Bahamas, la chemise ouverte sur mon torse velu et sur ma chaîne en or, enveloppé des effluves de Brut Pour Hommes, un hâle avenant sur mon visage, mon oeil est attiré par un petit point rouge qui clignote au fond de la pièce mon répondeur. Quelqu'un m'a laissé un message. Je prends le temps de poser mon sac sport, de ranger ma collec' de SAS, de prendre une douche et je vais écouter ce message. "Zigroui kouik gzzzz crapok bleuh shkruit". Naturellement, j'ai la clé du code et je comprends sans peine : Amstrad me convie à aller chercher un CPC 6128 dans son stock, mais discrètement, s'il vous plaît. Je me gicle un peu d'Antaeus derrière les oreilles, et c'est parti. CAISSE A DIRE ? Je suis plutôt impressionné. Certes, j'avais vu beaucoup de gens entassés sur les plages des Bahamas' (d'où je reviens), beaucoup de flacons d'après-rasage Action Pour Hommes dans les supermarchés, beaucoup de "Brigade mondaine" chez mon libraire, mais cet accu moncellement-là, il faut le voir. Sur six ou sept mètres de haut, des Amstrad, tous plus 6128 les uns que les autres. Et ça représente une sacrée surface. Un peu plus loin, des moniteurs couleurs; plus loin encore, des monochromes. Je m'embusque derrière la première pile. J'avise un petit caillou par terre, m'en empare et le lance en direction des voix que je viens de percevoir. J'ai lu ça dans le dernier SAS. Aussitôt, l'action se précipite un colosse se retourne brusque ment, s'avance vers moi l'air menaçant. Comme je ne suis pas armé, je lui donne mon bon de retrait qu'il regarde d'un oeil distrait. II me fait signe de prendre une des caisses du tas. Ouf. Je m'en suis tiré sans mal. LE RETOUR S'ETANT EFFECTUE SANS ENCOMBRES ... J'arrive chez moi sans problème. Là, je branche la machine sans plus attendre, et quelle n'est pas ma surprise de constater qu'en tapant PRINT FRE (0), j'obtiens la même quantité de mémoire utilisateur que sur les deux précédents modèles, le CPC 464 et le CPC 664. N'y a-t-il pas 128 Ko ? Si, mais comme sur les autres 128 Ko du marché, ils ne sont pas accessibles directement... Ah bon, je suis un peu déçu, j'attendais mieux de la part d'Amstrad. Pouvoir faire un programme basic de 100 Ko, par exemple, mais non, ce n'est pas possible. Tant pis. J'en profite pour faire une parenthèse. Connaissant la faculté d'Amstrad de mettre les pieds dans le plat pour manger les marrons que quelqu'un d'autre a retiré du feu en se relevant la nuit pour se taper le cul par terre, je me suis dit, avec toute la logique qui me caractérise : "mais, cher moi, ne penses-tu pas qu'Amstrad va taper dans le 16 bits, vu la guerre que se livrent Atari et Commodore ?° Eh bien non. Nul 16 bits à l'horizon, du moins pas avant la fin 1986. Pourquoi ? Parce qu'ils ont l'intention de ne se jeter dans la bagarre que lorsque les connaissances sur les 16 bits seront plus étendues. II est vrai que pour l'instant, on en sait si peu que même les programmeurs pros ont du mal à optimiser les programmes. Ceci dit, "lorsqu'on sortira un 16 bits, ce sera certainement quelque chose de fort, comme un compatible IBM PC et Macintosh". Rien que ça. Fin de la parenthèse. Et du paragraphe, par la même occasion. VAIS-JE ? Vais-je comparer le CPC 6128 avec ses prédécesseurs ? Non. Une comparaison point par point serait trop fastidieuse, et si vous avez un 464 ou un 664, vous n'achèterez pas celui-ci; tandis que si vous n'avez rien, c'est le 6128 que vous prendrez. Donc, attaquons bille en tête sur ses caractéristiques, avec un chapitre intitulé "les caractéristiques". LE LOOK Ah ben non, c'est le look. J'avais oublié ça. C'est pourtant vrai qu'il ne ressemble pas aux deux autres (zut, j'ai craqué). Enfin, si, mais pas vraiment. Disons qu'il ressemble un peu plus au 664 qu'au 464. Les touches sont groupées. Pas de pavé numérique déporté, pas de flèches de curseur en haut 3 droite, tout est réuni. C'est un peu gênant au début, on passe trois minutes lorsqu'on valide une ligne à taper crochet droit - del-crochet gauche del - f4 - del - shift - del - ah non, fallait pas faire del - on retape le dernier caractère - puis return - zut, je l'ai loupé -del, etc... Ceci dit, on s'habitue en peu de temps. Pas de couleur sur ce clavier, la sobriété et le look pro du gris clair. A droite, le lecteur de disquettes. Pas de version cassette pour le 128 Ko. Extra-plat, comme sur le 664. Dessus, deux sérigraphies viennent rappeler l'ordre des couleurs, et le code des touches. Les couleurs, vous les connaissez : il y en a 24. Rien de nouveau de ce côté-là. La touche Copy (utilisée par l'éditeur) est située à gauche de la barre d'espace, au lieu d'être au milieu des 4 flèches du curseur. Je ne sais pas si ça fait partie du look, mais en tout cas, il existe une version couleur, une monochrome et une avec un boîtier permettant de raccorder n'importe quel téléviseur péritel. Ce qui rajoute des fils, ce serait dommage, le fait de n'en avoir qu'un (le secteur) est bien agréable. LES CARACTERISTIQUES Voilà qui me rassure, j'ai seulement inversé les paragraphes. Les caractéristiques, donc : équipé d'un processeur Z80, à l'instar de ses petits frères, il possède en outre 128 Ko de Ram dont pour l'instant vous ne soupçonnez pas l'utilité. Moi oui, j'étais là aux répétitions : je vais tout vous dire. On peut considérer que deux "bancs" de 64 Ko coexistent dans la machine (il y a, en plus, 48 Ko de Rom comprenant le basic et le Dos). Chaque banc est divisé en 4 "blocs" de 16 Ko chacun. En fait, il suffit pour se servir des 64 Ko supplémentaires d'indiquer au Z80 qu'il s'agit d'un périphérique. Dès lors, il va effectuer des sauvegardes sur un disque virtuel (qui n'est autre que la Ram), ce qui présente l'avantage d'être incontestablement plus rapide. Ce qui m'amène â dire que lorsque j'ai ouvert mon paquet, tout à l'heure, outre un mode d'emploi en français énorme et bien fait, j'ai trouvé deux disquettes (au format trois pouces, bien sûr) qui contiennent deux versions du CP/M et deux du Logo, plus des utilitaires. Attendez, je vais clarifier... Suite page 17