Hebdogiciel n° 152 page 1 AMSTRAD : BOUM Le PCW Show à Londres est le premier vrai salon de micro depuis deux ans. Deux pôles d'attraction : Amstrad et Atari. Le second se renforce, le premier explose, d'où le titre. Laissez-moi vous présenter un peu le PCW Show. II se tient tous les ans à l'Olympia de Londres, immense palais des Congrès. Pas très loin, un pub très sympa sert une bonne dizaine de bières à la pression, dont une blonde absolument fabuleuse, et à ce propos je voudrais rendre justice aux Anglais : contrairement à ce que prétend la légende, ils ne boivent pas du tout leur bière tiède, elle est non seulement très fraîche mais en plus excellente puisque anglaise. Un peu plus loin, il y a un autre pub qui... Oh, pardon. Le PCW Show. Voilà. Traditionnellement, le marché du professionnel y occupe une place importante dans le coin le plus beau et "l'arrière-boutique", l'une des deux parties du show n'est consacrée qu'à la micro familiale. Côté pro: les cravates, le silence, l'allure compassée et le pas de sénateur dans les couloirs. Côté branleurs :les mômes qui sautent dans tous les coins, les grands en jeans crasseux qui boivent de la bière, le bruit des Space Invaders partout et les haut-parleurs qui diffusent de la musique de nègre à fond les gamelles. Ça, c'est la tradition. Mais cette année, c'était différent. D'abord, côté familial, il y avait deux fois plus de monde, deux fois plus de bruit, deux fois plus de bière et les jeans s'étaient troués entre-temps. Côté pro, personne. Enfin, presque. Les beaux stands rutilants de chic et de néons, avec hôtesses en jupe longue et commerciaux cravates, semblaient aussi tristes que déserts. A ça, deux raisons. D'abord, l'efficacité change de côté : on trouve maintenant sur Atari une carte qui permet d'obtenir des vitesses de calcul de l'ordre de 15 millions d'opérations par seconde (Mips) pour environ deux bâtons. A titre de comparaison, c'est presque le double d'un Vax 800. Et un 68000 ne performe que 0,1 Mips Et puis, surtout, chez les familiaux, il y avait l'Amstrad PC. Alors là, c'est un événement. Justement, au milieu de tous les braillards qui s'extasiaient sur tel ou tel soft, il y avait une enclave de plumitifs en costard autour du stand Amstrad, qui regardaient le PC 1512 avec de gros yeux, avec l'air de penser "Mais un ordinateur si esthétique et si peu cher est-il vraiment un ordinateur ?". Ça, je m'en vais vous en toucher deux mots, parce que ça vaut vraiment le coup. LE AMSTRAD PC Je vais vous faire une visite guidée, c'est le meilleur moyen de vous faire une idée de l'engin. D'abord, on voit de très loin le stand Amstrad et les panonceaux fléchés qui indiquent "PC 1512". Donc, c'est son nom. Ensuite, faut éviter les mecs qui sont venus du pro pour venir voir la merveille. Déjà, faut compter dix bonnes minutes parce qu'ils s'agglutinent, les rats. Et on arrive enfin à la bécane. Putain, le look. C'est un PC, ça ? Vous êtes sûr ? Ça me parait bien joli pour un PC. J'étais plutôt habitué aux caisses métalliques genre IBM, grosses et moches. Là, ça ressemble à un petit truc hyper compact et très chicos. Oh, dis-donc, René (C'était le prez, déjà !), t'as vu comment il commence, l'HHHHebdo ? C'est mauvais signe, ils vont lui rentrer dedans dans pas longtemps. Le clavier est classique, juste deux touches de plus que sur les autres. Le toucher est agréable, par rapport à certaines contrefaçons taiwanaises. Le socle du moniteur vient s'encastrer sur le capot, grâce à un design astucieusement pensé. Et pour introduire des cartes d'extension, inutile de tout virer comme sur !es compatibles classiques : un tiroir s'ouvre à l'ar rière donnant accès aux trois (seulement) slots qui équipent la carte mère. Oh, René, je sens venir l'orage. Ils sont trop gentils, là . DANS LE PC II est équipé d'un 8086 qui tourne à 8 Mhz, deux fois plus vite que sur un IBM PC. Et dedans, on trouve un truc super auquel bizarrement personne n'avait pensé avant : trois "gate arrays", des circuits à haute intégration qui permettent de faire la même chose qu'une bonne cinquantaine de circuits ordinaires. Une économie de place, d'énergie et de vitesse non négligeable. Du coup, il est 80% plus rapide que l'IBM PC dans presque toutes les tâches, sauf dans l'affichage. Mais être plus rapide qu'IBM, c'est pas très difficile. On a droit à 512 Ko de mémoire vive, que l'on peut étendre jusqu'à 640 Ko moyennant une carte d'extension. On trouve aussi une horloge en temps réel résidente, une carte graphique couleurs et monochrome qui transforme les couleurs en 16 niveaux de gris lorsqu'on se sert d'un moniteur monochrome. Ça, c'est très fort. II y a un haut-parleur intégré avec bouton de volume, une sortie RS 232 et une parallèle, et un port joystick. Attention, suivez bien le mouvement des mains: j'ai toujours trois slots de libres. Eh, René, tu sens l'électricité dans l'air ? Tu sens que ça va éclater, là ? AVEC C'est pas fini. Avec, on vous livre MSDOS 3.2, le Gem (système d'exploitation graphique de Digital Research qui équipe déjà l'Atari ST), Gem Paint (un programme graphique) et un Basic créé par Locomotive, la boite qui fait tous les langages pour Amstrad. C'est un basic génial, je peux pas vous dire mieux. Et en plus, il tourne sous Gem, ce qui permet de faire ses propres menus déroulants, ses fenêtres, sa gestion de souris, etc. Voyons, qu'est-ce que j'ai oublié ? Le mode graphique haute résolution (640x200 pixels, 16 couleurs simultanées à l'écran) est intégré. Pas besoin de carte supplémentaire, et toujours les trois slots de libres. Faut quand même savoir que sur un compatible normal (et même sur un vrai de chez IBM), faut une carte pour l'imprimante et la couleur, une pour l'horloge, ce qui occupe les cinq slots de la carte mère, et on ne peut plus rien rajouter. Ici, tout est ... Suite page 14