Tektronix 4051

Au milieu des seventies, Tektronix s’est autoproclamé roi de l’informatique graphique avec une offre quand même originale et sérieuse. Le 4051 est d’ailleurs une machine résolument moderne et innovante. La haute définition graphique, associée à un Basic simple d’approche et très complet permet de créer des graphiques de haut niveau. L’interface GPIB native et les ports série permettent l’interfaçage avec des instruments de mesure. La 4051 sera ainsi très prisée dans les laboratoires scientifiques. A cette époque, l’informatique est centralisée. La maîtrise d’un micro-ordinateur : Tektronix le baptise ordinateur de table, apporte souplesse et polyvalence. A l’image de Hewlett-Packard et de sa série 98xx, le micro-ordinateur est une machine puissante qui est vite adoptée par les scientifiques.

 

Au niveau technique, la 4051 est particulièrement puissante pour 1975. A cette époque, les micro-ordinateurs sont très peu répandus. Altaïr, Sol, SWTPC et compagnie frisent le gadget en comparaison. Le 4051 est bien plus sérieux : 32Ko de RAM et 32 de ROM, une résolution étonnante et un lecteur de cartouche intégré. Le tout prêt à l’emploi. Pour 50 000 F, on dispose d’un système complet. Cette machine sera vendue jusqu’en 1980, signe de son avancée technologique. A cette date, la technologie d'écran perd son sens, condamnant la gamme.

A l’usage, la 4051 est fonctionnelle. L’acquisition de données que se faire par le port GPIB. La mise en forme graphique se fait simplement, une sortie sur un traceur, si possible Tektronix, est simple à réaliser.

La modélisation peut même s’accompagner d’un joystick qui permet par exemple de situer des points sur un graphique .

 Certaines sources affirment que le Cylon Empire de Battlestar Galactica ou l’étoile noire de Star Wars vu depuis le cockpit du X-Wing  ont été modélisé avec une 4051.

 

Tektronix 4051

Première acquisition: Février 2003
Généreux donateur:
Robert Mamy
Constructeur: Tektronix
Modèle: 4051
Année/Prix: 12/1975 (03/1976 en Europe) / $6500 (USA) et 45000F (France) de base

CPU: 6800 à 1MHz environ
RAM/ROM: 8Ko extensible à 32 par incréments de 8Ko / 32Ko (Basic 24Ko et 8Ko d’option)
Graphisme: Adressage de 130x130 unités sur un écran de 1024x768 affichable sur un espace de 1024x1024, Ecran monochrome 11" DVST à mémoire, temps d’effacement 1s. L’écran garde en mémoire 15 minutes ou 1h en mode veille Texte 72x35 (défaut) et 79x38 119x58 et 132x64 matrice 5x8
Mémoire de Masse: streamer QIC interne DC300A de 300 Ko de capacité

Dimension : 47x81x36 / 31 Kg
Périphériques: via interface GPIB (débit 5Ko/s environ), 2 slots d’extension pour interfaçage série vers table traçante

 


La série 4000 comporte 3 modèles : le 4051, 4052 et 4054.

Des options :


Tektronix Direct View Storage Tube (DVST)

Inventé en 1965, le DVST est une innovation sans lendemain de Tektronix. A la différence du tube cathodique traditionnel, le DVST dispose d’une grille semi-permanente supplémentaire que les électrons bombardent, la « grille de stockage ». La charge résultante présente sur cette grille attire les électrons libres produits par une cathode dédiée « la Flood Cathode ». La grille de stockage mémorise ainsi l’affichage sur le phosphore.

Plus la grille de stockage est fine, plus la résolution sera importante. Pour effacer l’écran (ou même un simple point), il faut effacer tout l’écran. L’affichage est aussi assez lent (il faut une seconde pour effacer le 11’’) Ces deux contraintes limitent l’utilisation du DVST. Les rafraîchissements localisés, comme dans les jeux, deviennent problématiques : il faut tout réafficher, mais c’est lent.

Pour dessiner, le vectoriel devient intéressant. On peut afficher des formes par vecteurs, la trace persistante devient visible. Par exemple, pour dessiner un carré, on tape :

MOVE 35,20

DRAW 35,80

DRAW 95,80

DRAW 95,20

DRAW 35,20

Cette technologie a culminé avec des modèles en couleur, bien plus complexes comme sur le Tektronix 4100 de 1978. L’intérêt de cette technologie alambiquée était double : aucune RAM n’était nécessaire et aucun temps CPU. Mais la qualité des écrans à tube traditionnels, couplée à la résolution bitmap et la fréquence des processeurs toujours plus élevées a sonné le glas de cette technologie haut de gamme plus complexe.


Une pub dans la Recherche en 1975 vante les mérites de la bête  :

La pub annonce :

Les performances d’un MINI-ORDINATEUR

    Le 4051 possède un microprocesseur: sa capacité utilisateur peut atteindre 32 K octets, une cartouche magnétique de 300 K octets est incorporée

    Périphériques : reprographe, mémoire additionnelle, table traçante, imprimante.

 

Et les services d’un TERMINAL INTELLIGENT

    Connecté par son interface télétransmission à un ordinateur central, le 4051 apporte tous les avantages d’un terminal graphique.

 

Le 4051 ou l’AUTONOMIE informatique :

   Moyen de traitement puissant, il permet à l’Ingénieur, à l’Enseignant, à l’Industriel et au Gestionnaire, d’effectuer calculs, prévisions, en échappant aux contraintes d’un ordinateur central.