Thomson : spécifications techniques

Le son

Jérémie nous fait le point :

Les documentations des machines Thomson sont (volontairement ?) erronées à propos de leurs capacités sonores… Les mentions telles que “ 4 voies sur 7 octaves ” sont par exemple très éloignées de la réalité.

Il existe deux moyens de produire du son sur les machines Thomson :

Dans les deux cas, il n’y a pas de limite de fréquence autre que celle imposée par la vitesse du microprocesseur.


Les ROMs externes

Jérémie nous précise :

Les contrôleurs externes de disquettes et de Nanoréseau apportent leur propre moniteur de 1,9 Ko. Ce dernier vient s’ajouter aux ROMs des machines sans contrôleur intégré (MO5, MO5E, MO6, PC128, TO7, TO7/70) tandis que dans les autres cas (TO8, TO8D, TO9, TO9+ et MO5NR) les routines déjà présentes en interne se retrouvent masquées par celles du boîtier externe.

Les cartouches (memo7 et memo5) peuvent contenir jusqu’à 64 ko, par banques commutables de 16 ko, et ce indépendamment de la machine qui les accueille. Si des cartouches supérieures à 16 ko n’existaient pas pour le TO7, il en est apparu à partir des TO7/70 et MO5 (par exemple ColorPaint, ColorCalc…)


Les lecteurs de disquettes

Loïc nous explique :

Dès son apparition en 1982-83, le TO7 peut être complété par un lecteur de disquettes 5,25 pouces de 80 Ko de capacité. Je ne connais pas de lecteur 5,25 pouces ayant une capacité plus faible ! Comme c'est l'usage à l'époque, le lecteur de disquettes vaut au moins le prix de l'UC TO7, ce qui a significativement limité sa diffusion. Bien entendu, le contrôleur est vendu en supplément ! En 1984, lorsque le TO7 est remplacé par les MO5 et TO7-70, le lecteur de disquettes 5,25 pouces de 80 ko est remplacé par un autre modèle dont la capacité est portée à 320 ko. La publicité de l'époque annonce pour ce lecteur une compatibilité MS-DOS. Bien entendu, les MO5 et TO7-70 ne sont pas des compatibles PC et la compatibilité MS-DOS est ici perçue sous un angle assez particulier. Depuis 1982, la version 1.25 de MS-DOS supporte les disquettes 5,25 pouces de 360 ko (1). Pour sa part, le lecteur Thomson est plus ou moins capable de reconnaître le format des disquettes de 160 ko (aujourd'hui totalement oubliées !) reconnues par la version 1.0 de MS-DOS (1981).  La compatibilité MS-DOS est donc extrêmement limitée et ne concerne en pratique que des échanges de texte ASCII brut utilisés avec des "moulinettes" pour la conversion des tables de caractères ! Cela n'empêche pas Thomson d'utiliser cette pseudo compatibilité comme argument commercial. En 1986, le TO9 introduit dans la gamme Thomson le lecteur 3,5 pouces de 640 ko, ce qui est assez cohérent avec l'offre concurrente (2). Ce lecteur sera aussi disponible sous forme externe pour les MO6 et TO8, puis monté en interne sur les TO8D et TO9+. Toutefois, les lecteurs de disquettes restent trop onéreux et ont du mal à passer sous la barre des 2000 F, ce qui est trop cher pour le public familial de Thomson.

Aussi, parallèlement à son lecteur 3,5 pouces, Thomson lance le QDD (Quick Disc Drive) vendu 890F en 1986-87.

(1) Il faudra attendre 1984, l'IBM PC-AT et MS-DOS 3.0 pour voir les disquettes 5,25 pouces passer à 1,2 Mo sur PC, puis MS-DOS 3.2 introduira en 1986 les disquettes 3,5 pouces dans le monde PC, mais c'est une autre histoire !

(2) A la même époque, le lecteur 3,5 pouces 720 ko des Atari ST lit et écrit sur des disquettes double densité formatées sur PC, ce qui facilite les échanges de fichiers ".txt" entre ST et PC.

Lecteur de disquettes 5"1/4

Le contrôleur (CD 90.015) est en bas de la pile. Les floppies (UD 90.070)s'empile et s'interconnectent par le slot vert.

to7floppie.JPG (8860 octets)

Le Quick Disk Drive

Plus moderne, le Quick Disk Drive ou QDD est un floppie 2" souple très rustique. Appréciez la pub que Jean-Paul nous a envoyée :


Le digitaliseur & le module d'incrustation vidéo

D'autres extensions sont encore plus originales. L'extension digitalisation (1127 F) permet de numériser une image vidéo à la vitesse de rafraîchissement de 2,5 images par seconde et de la stocker en mémoire. L'extension incrustation (490 F) comme pour le MO5, offre la possibilité de mélanger une image créée par un programme sur ordinateur à une vidéo.


Quelques considérations sur le Motorola 6809E

 Loïc nous explique :

Si Thomson a connu ses heures de gloire en 1984-86 avec le plan Informatique pour tous et le boum éphémère de la micro familiale, ses machines sont techniquement dépassées à partir de 1986-87. En effet, de 1982 (TO7) à janvier 1990 (fin de la production 8 bits), Thomson est resté fidèle au seul microprocesseur 6809E de Motorola cadencé à 1 MHz. Intéressant d'un point de vue électronique, ce microprocesseur n'avait plus grand-chose à faire valoir après l'arrivée des 16 bits familiaux en 1985-86 (Atari ST, Commodore Amiga).

 

La fidélité de Thomson au microprocesseur 6809E de Motorola s'explique très simplement : Thomson en a acquis la licence de fabrication auprès de Motorola. D'ailleurs les liens entre Thomson et Motorola sont indépendants de la micro-informatique familiale. En effet, Thomson a acquis la licence de fabrication de la série 6800 de Motorola (puis celle du 68000) afin de l'utiliser pour des systèmes militaires commandés par l'armée française.

Celle-ci ayant besoin de garanties quant à la pérennité de l'approvisionnement en pièces détachées, les microprocesseurs ne sont pas achetés à Motorola, mais réalisés en France par Thomson. On note également que l'informatique embarquée du TGV-Atlantique (conçue en 1986) fait appel au 68000 Motorola pour les mêmes raisons : choisi par l'armée française et fabriqué en France, le 68000 devra rester disponible pendant la durée de vie opérationnelle des systèmes qui l'utilisent (40 ans pour un train !). Il est très dommage que Thomson se soit reposé sur le succès (essentiellement politique) du plan Informatique pour tous (140000 ordinateurs - largement inutilisés - dans les écoles) et n'ait pas rebondi correctement avec l'arrivée du 68000. Si Thomson a (semble-t-il) tenté d'acquérir la licence de fabrication du Macintosh et a effectivement sorti des machines à base de 68000 (Micromega 32), il n'a jamais réussi a abordé ce marché sous un angle compatible avec ce qu'en attendaient les acheteurs de ST et d'Amiga.

Pourtant, Thomson avait sans doute les moyens de faire mieux (ingénierie, prix de vente) que Sinclair avec son QL. L'épilogue de l'histoire du 68000 est une fabrication de ce microprocesseur qui aura duré de 1979 à 1993. A propos de la fidélité des MO et TO au 6809, l'explication est simplement militaire, même si Thomson n'a semble-t-il jamais vraiment communiqué commercialement sur ce point...


THOMSON TO7  THOMSON TO7-70  THOMSON TO8  THOMSON TO8d  THOMSON TO9  THOMSON TO9+
THOMSON MO5 Platini  THOMSON MO5 Hinault  THOMSON MO5 THOMSON MO5NR  THOMSON MO5e  THOMSON MO6 OLIVETTI PC128
THOMSON Micromega 16  THOMSON Micromega 32  THOMSON TO16