Le VEB Kombinat Robotron

La glorieuse informatique populaire des pays de l'Est a ce coté pathétique que nous apprécions particulièrement. Robotron est sûrement la marque la plus sérieuse de toute la production de l'Est. Nos enquêteurs ont pu dénicher un document de 1985 paru dans l'obscur magazine l'Ordinateur Personnel. Cette revue crypto-capitaliste est allé narguer cette belle démocratie populaire qu'était la RDA.

En voici le contenu non expurgé qui vous est livré sans autorisation préalable. Bonne découverte dans le froid des banlieues prolétaires de Dresde.


J'AI VISITE L'IBM DES PAYS DE L’EST

L'ordinateur Personnel n° 13 mars 1985

Sylvie Santini a passé pour nous le rideau de fer. Elle a découvert des vopos dans les trains, des locomotives à charbon, et 70 000 salariés chez le VEB Kombinat Robotron. Cette tentaculaire organisation fabrique aussi bien des mégamachines que de mystérieux « ordinateurs personnels », qu'on ne trouve dans aucun magasin. Tout cela au pays de Bach et de Bismarck : la RDA, le plus riche des pays de l'Est.

Un vopo somnole sur la banquette. Je suis dans un compartiment première classe du Schnellzug Leipzig-Dresde (Deutsche Demokratische Republik). La gare et ses alentours sentent le charbon. Les locos démocratiques roulent à la vapeur. Ça se sait mais ne se dit pas. De même, personne chez Robotron n'affirme que le VEB Kombinat est l'IBM de l'Est. Off the record (« Foulez fous arrêter le magnétophon ? »), Herr Professor Willem conviendra pourtant que certains comparent, en effet, Robotron à IBM et que, ma foi, s’ils le disent, c'est sans doute avec raison. Il n'y a pas de fumée sans feu.

Justement, cette fumée-ci est un peu épaisse. De cette enquête « chez les soviets , je rapporte, avec les clichés mélancoliques d'un voyage outre-mur, une irritante sensation d'opacité. J'ai vu d'imposants bâtiments, des bureaux, des sièges sociaux, des centres de formation…

D'usine, point. Où Robotron fabrique-t-il ses ordinateurs ? Les centres de production sont disséminés partout sur le territoire de la RDA, à Erfurt, à Weimar, à Sommerda, Radeberg ou Riesa. On ne les visite pas ; en tous cas, pas cette journaliste venue tout exprès de l'Ouest pour écrire sur le Kombinat, au plus froid de l'hiver le plus rigoureux de la décennie, alors qu'elle aurait pu comme tout le monde, attendre la foire internationale qui se tient en ce moment à Liepzig.

Clichés en noir et blanc

Paris, octobre 84. L'idée d'un reportage sur Robotron saisit la rédaction. N'est‑ce pas la seule société du bloc expose régulièrement au Sicob ? Allô Robotron ? Mes premières tentatives de contact avec la représentation française de la firme me valent deux raccrochages au nez. On ne plaisante pas avec le formalisme bureaucratique : il m’aura fallu trois mois de courrier et de visites à l’ambassade pour franchir un matin de janvier le rideau de fer : à la station S-Bahn de Friedrichstrasse.

Cliché en noir et blanc : dans les rues sévères du Kaiser Guillaume, les berlinois hâtent leurs pas de travailleurs. Partout à Dresde et a Leipzig, j’éprouvai le même trouble devant la grise indifférence de cette marche feutrée par la neige, on ne se promène pas: le plus vite possible, d'un point à un autre, en respectant scrupuleusement les règles strictes d'une circulation piétonne canalisée par les feux et passages souterrains.

Tout près du Checkpoint Charlie, à la lisière du Mur, Robotron Import-export  occupe l'un des derniers immeubles démocratiques de la Friedrichstrasse. Mme Karl attend la journaliste française : plus tard, je l'appellerai Renate. C'est ma gardienne de presse.

 

Pour l'instant, Mme Karl m'ensevelit méthodiquement sous les dossiers « Pressinformation » en quatre langues. Allemand, russe, anglais et français : le Kombinat a des débouchés internationaux, cinq kilos jargonnant d'ennui: les performances de la VEB Robotron, l'étendue de ses interventions et les obscures spécificités de chaque matériel, ordinateur par ordinateur; imprimante par imprimante, machine à écrire par machine à écrire.

 

Schön, schön. Mais je ne suis pas venue pour lire. Où est le directeur ? Chaque chose en son temps. Aujourd'hui, il est quatre heures et demie, fermeture des bureaux. Chanter Linden, face au palais de la République, l'armée du peuple monte la garde devant le monument aux victimes du fascisme et du militarisme. Au Palasthotel, dans le ghetto des touristes étrangers : irakiens, vietnamiens, algériens en voyage d'affaires. Ma première journée s'achève dans le luxe: Et le doute : Robotron serait-elle une société fantôme ?

 

Le Volkseigener Betrieb Kombinat Robotron est en fait l'une des premières entreprises de la République démocratique allemande : soixante-dix mille salariés et une vingtaine d'adresses, pour la production, pour la distribution, la gestion, la formation, l'exportation, pour la recherche... sans compter les 29 succursales étrangères, dans les démocraties populaires bien sûr, mais aussi les pays capitalistes. Un géant, comme IBM. Où trouver, en outre, le même formalisme, sinon dans la multinationale américaine ?

Un mastodonte labyrinthique

 Deuxième jour

« Notre Kombinat Robotron est un groupement d'entreprises spécialisées », clame le Dr Schumann, à la direction du centre de formation de Leipzig. Dans la ville de Bach, loge aussi le service technique clients ainsi qu'une partie de la distribution. Créée en 1978, Robotron est un mastodonte labyrinthique, un conglomérat tellement compartimenté que personne ne s'aventure à parler au nom de l'ensemble. Comme chez IBM. « Les responsabilités sont bien sur définies et je ne veux pas détruire l'ordre dans notre Kombinat. »

 

Au sommet, l'ordre est personnifié par Wokurka, invisible : conjoncturellement en voyage à Moscou et fondamentalement inaccessible. De ce puissant personnage, je saurai seulement qu'il a une forte carrure, au propre et au figuré, et que, contrairement à ses directeurs, son pouvoir ne tient pas à l'importance de ses titres universitaires. Monsieur Wokurka n'est pas Professor, ni même Doktor. Exit M. Wokurka : c'est une icône, comme Erich Honecker, secrétaire général du SED (le PC local), accroché en effigie dans tous les locaux.

 

Jorg Schumann aussi est membre du parti. Et Doktor, grâce à une carrière méritante : ouvrier spécialisé dans l'imprimerie, il entre comme ingénieur en 1966 au Kombinat (qui n'en est pas encore un et s'appelle Bureautechnic). Parallèlement, il suit des cours « à distance » d’économie et électronique à l'université de Dresde.

 

Aujourd'hui, à 46 ans, Jorg Schumann est directeur du centre de formation de Leipzig, « le meilleur et le plus important » des six établissements spécialisés du groupe: vingt-cinq ans d'expérience en 1984 (tout juste dix ans de moins que la RDA) et, à son actif, la formation de cent mille spécialistes « du monde entier », c'est à dire allemands, tchèques, soviétiques, roumains, bulgares, indiens, irakiens, afghans et latino-américains. Les 180 professeurs sont aptes à enseigner en russe (première langue obligatoire en RDA) et en anglais.

 

Micro, vous avez dit micro...

Dans la doc touffue du Kombinat, le Robotron 1715 est présenté, au choix, comme ordinateur « domestique », «personnel » ou « machine facturière et comptable électronique » : imprécision lexicale ou vide structurel ? Tel qu'en lui-même au demeurant, le 1715 possède un microprocesseur de 8 bits, une mémoire vive de 16 à 32 000 caractères extensible sur demande et une mémoire morte (Rom) de 2 000 caractères, avec écran de 16 lignes, clavier alphanumérique et imprimante au choix (aiguilles ou marguerite).

La gamme micro se double d'un «ordinateur personnel Z 9001 », à destination peut-être plus ludique, autant que la documentation du constructeur permette d'en juger. Cet ordinateur « permet de résoudre des problèmes scientifiques et de création technique. Il offre la possibilité d'une organisation rationnelle des loisirs (?...) et inaugure des méthodes totalement nouvelles de commande des appareils destinés aux travaux d'amateur et aux hobbies... »

Impossible de vous en dire plus, la merveille n'est visible qu'à Sommerda, c'est-à-dire pas visible du tout.

Affable, le Doktor Schumann débite l'anglais avec assurance, en homme rompu aux relations internationales

« Dernièrement, il y avait ici un représentant de l'ambassade américaine. Il s'interrogeait sur le niveau des prix de nos ordinateurs par rapport à la concurrence étrangère. Mais comment comparer ? Robotron vend du matériel, mais avant tout un savoir-faire et des prestations globales d'assistance. »

Le « clé-en-main », voilà l'argument choc de Robotron, qui explique l'importance de la formation, destinée au personnel des sociétés clientes, acquéreurs de gros systèmes et mini-ordinateurs, de solutions dédiées, software appliqué et postes de travail spécifiques. D'où des programmes de « schulung » (formation) à n'en plus finir, diaboliquement classés en sections, divisions et submachins. Un stage pour chaque problème et des solutions modulaires pour embrouiller le tout.

Deux grands groupes: hard et soft, taillés l'un et l'autre en trois manches, gros ordinateurs, minis et micros, où se retrouvent différents niveaux: initiation, langage machine, système d'exploitation, traitement de données, transmission, technologie de logiciels, etc. On apprend l'utilisation, mais aussi la technique (d'une unité centrale, des et sur les machines. Le Doktor Schumann ouvre, à l'improviste, quelques portes sur des classes studieuses et bilingues. « Il y a ici, au centre, pour soixante millions de marks de matériel... » : d'où des cours donnés 24 heures sur 24, par roulements de 6 heures. « Avec petit déjeuner et pension complète », souligne Jorg Schumann, qui désigne fièrement la monumentale maison des élèves

« 60 heures pour 281 marks (à peine 900 F) ! Je vous laisse le soin de comparer avec IBM ! »

Les élèves viennent-ils à titre individuel ? en fait, non. Il s'agit, dans la plupart des cas, de stages groupés, négociés dans le contrat d'installation avec la firme cliente. Dans tous les secteurs de l'activité économique : transports, banques, industrie, enseignement, santé. Le VEB Robotron est « fournisseur général » d'une quinzaine de branches.

 

La planification informatique

Couloirs, escaliers, fresques murales (tendance réalisme soviétique), nous déboulons sur les salles d'ordinateurs uniformément blanc-bleu. Même design pour tous les constructeurs du Comecon. Cette unité centrale est bulgare: 200 Mo (millions de caractères) ; ailleurs, un processeur 1035 d'Union soviétique... «Non ! ne photographiez pas ceci, c'est un modèle trop ancien. » Conformément au Système unifié de calcul électronique (SUCE) qui régit la planification informatique au sein du bloc socialiste, la gamme des grands ordinateurs de  Robotron porte le C (S) cyrillique: le EC 1055 M équivaut peu ou prou à l'IBM 370. Tandis que la famille des minis K 1600 s'aligne sur la classe PDP 11 de Digital Equipment, et que les micros sont à la norme Z 80. Configuration vedette dans cette catégorie le K 1530, un gros engin, présenté comme « microcalculateur de bureau » (« La bureautique est très importante dans notre république »).

Parler micro en RDA, c'est parler martien. « L'informatique est désacralisée », dit le discours officiel; « En 1970, nous étions à la troisième génération ; nous sommes maintenant à la quatrième génération. » Ou bien encore: « L'ordinateur pénètre partout »... Natürlich ! Mais où ? Sous quelle forme ? Les citoyens de la DDR commencent-ils à s'équiper à titre individuel ? Où sont les boutiques de micro ? Blanc. Là, on ne parle pas du tout, du tout, de la même chose. Renate Karl compte les flocons de neige.

D'abord, il faut s'entendre sur les termes, distinguer les personnels, les domestiques et les professionnels, et bien considérer qu'en tout état de cause, s'« ils » (les premiers, les seconds ?) étaient vendus dans un grand magasin (à 1 500 marks environ, soit à peine 5 000 F), la foule se jetterait dessus... Mais la RDA manque de « mémoires » (i.e. de composants), et la fabrication en série n'est pas encore envisageable. «J'en saurai plus demain, à Dresde, auprès du Pr Willem mais mon insistance a déjà paru un peu déplacée.

D'autant qu'il suffit de prendre le tramway et marcher dans les rues pour constater sous la chapka que les seuls magasins discernables sont grands, presque exclusivement sombrement vestimentaires et qu'il est d'autres besoins plus essentiels que les micro-ordinateurs.

 

A Dresde, troisième jour, il y a le Zwinger (Louvre baroque des princes de Saxe) et Robotron, la statue de Lénine, les délires baroques des princes de Saxe et un colossal siège social en deux blocs jumeaux. A Dresde, au bar de l'Interhotel, mon amie Renate trouve que les tubes du juke-box datent. La Saxe est loin de Berlin-Ouest.

 

«Nous avons vendu cette année nos premiers ordinateurs familiaux dans les magasins, à l'occasion du 35e anniversaire de la RDA, nous avons été dévalisé ! » Le Pr Dr Ing. Herbert Willem donne ses interviews ex cathedra : index professoral, éloquence ponctuée sur le bureau d'un poing martial. « Nos ordinateurs familiaux pourraient avoir un rôle capital dans la formation de l'individu ! » Nous y voilà! La micro ici ne relève définitivement pas du domaine du plaisir. Bon sang, mais c'est bien sûr…

 « Je suis un scientifique et, comme tel, je considère qu'il n'y a pas dans le monde 10 % des ordinateurs de ce type qui soit adapté à ce problème essentiel. Le nôtre, oui: c'est un 64 Ko (le 1715 ?), de bonne catégorie donc, doté d'un interpréteur Basic très performant. Il est parfaitement adapté au calcul, aux procédés mathématiques et à la préparation de textes scientifiques. »

L'interprète tire des salves sans perdre haleine : mais de quelle v. o. tire-t-il son hallucinant accent goth ? Et les jeux ? Question balayée: « Bien sûr, nous en avons beaucoup, mais le principal, c'est l'éducation. »

Membre du parti, député, professeur honoraire à l'université de Dresde, Herbert Willem dirige Robotron Projects. Un objectif pour cette filiale toute neuve née en 1984 : le développement de logiciels.

Pour s'aligner sur la tendance internationale, c'est-à-dire équilibrer la portion du soft et du hard, puisque ce dernier est encore majoritaire à 70 % dans la production.

Création et compatibilité

Robotron Project nourrit deux ambitions tonitruantes : un, « la conception le solutions universelles », banques de données, transmission de données, procédés mathématiques, conception et dessin assistés par ordinateur (CAO/ DAO) ; deux, la compatibilité. Au chapitre un, Pr Willem brandit une pièce à conviction : le moulage tout acier l'un escarpin démocratique, conçu en CAO pour l'industrie de la chaussure

Grâce à une solution de pointe qui assiste création et modélisme, de la tige à la semelle. » En CAO/DAO justement, Robotron Project édicte des normes : l’application du Fortran 77 par exemple.

 « Partout ailleurs, la crise du logiciel vient de l’incompatibilité. Chez nous, la continuité et la compatibilité sont des choses réelles. » Et la compatibilité avec le matériel occidental... une disquette Robotron serait-elle chargeable sur Apple II ou IBM PC ? La question fait flop, le Pr Willem la ramasse à l'envers: « En micro comme ailleurs, nous tenons compte des systèmes d’exploitation les plus répandus, MS-DOS donc et Unix ; Wordstar s’adapterait parfaitement ici… » Je note incidemment que le programme ESS5220 est infiniment mieux que Wordstar, « plus adapté à l’élaboration de textes scientifiques, avec vérification logiques et édition de symboles mathématiques – racines, intégrales, etc… ». Solutions pointues et applications de haut niveau. « Robotrron est grand, nous faisons beaucoup. «  Par exemple ? L’automatisation d’un complexe chimique Creusot-Loire à Rostock ; la mise en place d’un système hiérarchisé à Moscou, reliant entre eux 460 guichets de la banque d’état soviétique ; ou celle d’un système de protection des données commandé par la Serete pour une usine de RDA. Autant de réalisations qui rendent Robotron Projects « très compétitif » sur le marché international. La France, par exemple qui fait de bons matériels (« ein gutes Niveau »…) serait très intéressée par les logiciels complexes du Kombinat.

Hélas… les débouchés en pays capitalistes, RFA en tête, représentent 10% seulement du volume «  considérable » des exportations Robotron (80% de la production). «  Ce qui nous manque, c’est la largeur. «  Les contrats du Kombinat se planifient à l’Est.

Les vacances des travailleurs aussi. Robotron informatise leur paye ; et toute la billetterie du réseau ferré qui les transporte inland et «  à l’étranger » ( entendez : Prague, Budapest ou la mer Baltique). L’Ouest est ici une abstraction, même son avant-poste mitoyen Berlin-Ouest, emmuré dans la capitale de la RDA. Au Check-point Charlie, je m’offre la permission de minuit… Les marks se convertissent en deutschemarks, les citrouilles Skoda en carrosses Mercedes, et à partir de la Friedrichstrasse 44, le temps reprend les couleurs de la publicité. Sur le Mur butent les mémoires Est-Ouest.

Sylvie SANTINI

Robotron en France

En France, Robotron existe ; vous pouvez le rencontrer sous trois formes cachées sous les marques Erika Unic et ITI International. Fleuron de la bureautique est-allemande, mon premier est une machine à écrire, distribuée dans près de 5 000 points de vente à raison de 25 000 à 28 000 unités par an, avec un taux d'accroissement annuel de 20 % depuis 1925 ;trois modèles mécaniques portables et un modèle électrique forment 20 % du parc français des machines à écrire ; dans quelques mois sort l'électronique portable à interface.

Mon second, estampillé Unic, est un appareil mécanique à dessiner (modèle VX) distribué dans une cinquantaine de points de vente.

Mon troisième intéresse plus directement les lecteurs de ce journal: il s'agit de la gamme des imprimantes, distribuée depuis le dernier Sicob par Ener Eco Diffusion (EED) sous la marque ITI International. EED se fait fort d'écouler 3 000 machines d'ici la fin 1985.

Trois raisons à cet optimisme: un, les prix de 3 000 à 20 000 F (t.t.c.) pour un modèle à marguerite avec alimentation feuille à feuille ; deux, le microswitch, qui permet de choisir ses commandes d'impression sans passer par le sort ; trois, la possibilité d'imprimer les codes envoyés par l'ordinateur. Le dernier avantage n'est pas le moindre : l'imprimante à marguerite s'adapte d'elle-même au format du papier et tape indifféremment une lettre sur feuille à en-tête ou rouleau de calculatrice. Satisfait de son produit est-allemand, l'importateur attend impatiemment que Robotron se décide à confier l'ordinateur personnel 1715 au marché français, sous réserve de quelques améliorations, de mémoire notamment.

Une gamme complète

Robotron fonde sa position de « fournisseur général » sur la fabrication d'une gamme complète en bureautique, informatique, électronique.

Le Kombinat possède également ses premiers dispositifs de commande vocale, notamment un procédé monolocuteur reconnaissant jusqu'à cent mots.

 

Robotron Import-export

A Berlin, 600 travailleurs occupent les locaux de la Centrale de commerce extérieur d’Etat Robotron. Lourde tâche, puisque 80% de la production du Kombinat – matériel et prestations – est exportée, pour quatre milliards de marks. Sur les 10% de chiffre effectué avec les pays capitalistes, la République fédérale d’Allemagne vient en tête. Suivent, dans l’ordre, la France, l’Angleterre, le Benelux et la Scandinavie.

 

Liepzig : la musique adoucit les foires

La foire bi-annuelle de Leipzig regroupe ce mois-ci (du 10 au 16 mars), sur 340 000 m², des exposants venus des cinq continents. Le thème ? « Matières première, combustibles, énergie, production, transformation, utilisation optimisées. »  Robotron y présente en six stands l’ensemble de ses productions : micro-électronique ; bureautique (poste de travail et ordinateurs personnels dont une unité avec microprocesseur 16 bits acheté à l’Union Soviétique ; software ; robotique ; CAO ; transmission de données et télé-informatique. Pour la première fois ce printemps, Robotron présente un système-réseau de télécommunication des données, avec « attributions de package » : « Nous sommes prêts, nais l'application dépend de la politique des PTT de la RDA.»

Ceux qui connaissent la musique auront prévu la demande d'un visa prolongé au 27 mars et étendu à Dresde et Halle, afin d'enchaîner sur les festivités de l’année Bach (19-27 mars).

Découvrez un résumé de quelques machines et les Robotron KC85/3, KC85/4 et  KC87.