Le constructeur d'électronique militaire et grand public français THOMSON, décide a la fin des années 70 de se lancer dans l'industrie de la micro-informatique domestique, alors occupée par les anglo-saxons Apple, Commodore, Atari, Tandy, Acorn et autre Sinclair. Pendant un peu moins de 10 ans, la système et la gamme MOTO va, tant bien que mal, se développer dans un marché franco-français, servant avec Bull de fer de lance de la politique high-tech du gouvernement français dirigeant alors THOMSON....
On peut donc voir deux grandes périodes pour les modèle TO et MO. De 1982 à 1985, Thomson fut très liée avec l'état via l'éducation nationale française. C'est de 1986 à 1989, qu'une tentative d'ouverture est tentée vers le grand public et le semi professionnel
1982-1985
TO7 et TO7-70
Le
TO7 de Thomson, né en novembre 1982, fut rapidement remplacé le TO7/70 et le
MO5. Le TO7 présente la particularité de proposer un stylo optique logé dans
le boîtier central, ce qui était à l'époque le top du top de la
convivialité. Le clavier à membrane plastique par contre a l'air d'avoir été
conçu par des ingénieurs légèrement sado-masos !
La mémoire vive de 22 Ko est extensible à 38 Ko. Le BASIC, non résident,
doit être chargé à partir d'une cartouche. Celui-ci est une variante
Microsoft que l'on peut comparer à une version restreinte du futur BASIC MSX. Les
instructions graphiques, en particulier, sont assez puissantes.
L'utilisateur dispose en outre de 96 caractères semi graphiques et peut en
programmer 128 de son choix. La bibliothèque de logiciels du TO7 à été
développée par Vifi-Nathan dans une orientation éducative. Les cassettes
étant incompatibles avec les autres modèles de la gamme Thomson, on trouve
des cassettes double face, par exemple MO5/TO7.
Le TO7/70 montre toutes les leçons qu'a tirées Thomson de son intrusion dans
le domaine de la micro-informatique domestique, bref il corrige les plâtres
du TO7. Le TO 7/70 se présente comme le haut de gamme, le MO 5 étant
l'ordinateur "populaire".
Le clavier à effleurement du TO 7 a été fort heureusement remplacé par un
meilleur clavier, mais dont les touches caoutchoutées ne représentent pas
encore l'idéal. Au point qu'une entreprise
tierce, Péritek, proposait un clavier mécanique spécialement destiné aux TO7
et TO7/70.
Le mode d'affichage est unique et mêle les caractères alphanumériques aux
graphismes de haute résolution. On peut obtenir 25 lignes de 40 caractères
ou une définition graphique de 320 x 200 points. 16 couleurs peuvent être
affichées simultanément, à la restriction près de ne pas dépasser 2 couleurs
par ligne de 8 points. Tous les caractères alphanumériques peuvent être
affichés en simple ou double hauteur, simple ou double largeur et double
taille. Les textes peuvent être affichés en plusieurs couleurs.
Le processeur est un 6809, connu sur les autres modèles de la gamme Thomson.
Le nombre de circuits internes à été réduit par rapport au TO7. La capacité
mémoire est tout à fait confortable pour une machine de type familial : en
version de base, 48 des 64 Ko de mémoire vive sont disponibles pour
l'utilisateur.
Le TO7/70 ne contient aucun langage en MEM. Les langages disponibles sont
entrés en mémoire par l'intermédiaire d'une cartouche appelée MEMO7. Cette
solution permet une plus grande souplesse parce qu'elle réserve la totalité de
la mémoire vive à l'interpréteur du langage choisi. Le BASIC n'occupe pas
de place inutile.
Les
possibilités d'affichage de la couleur plaçait le TO 7/70 en bonne position
par rapport à ses concurrents. En effet, il est rare d'avoir le loisir
d'afficher 16 couleurs sur un même écran, à raison de 2 couleurs par ligne.
Les sons peuvent être améliorés avec l'extension «jeux» (570 F) qui contient
un convertisseur digital-analogique permettant la synthèse des sons et, en
particulier, quatre voix musicales sur cinq octaves dont le timbre peut être
programmé à volonté.
Le TO7/70 étant «compatible» vers le haut avec le TO7, tous les logiciels
écrits pour l'ancien modèle tourne donc sur le TO 7/70, ce qui n'est pas
vrai dans l'autre sens. Une importante bibliothèque de programmes éducatifs
et de jeux fut développé (entre 250 et 600 F).
Le TO 7/70, se distingue particulièrement par le nombre de ses extensions et
périphériques. Tous les périphériques «classiques» sont présents : un
lecteur de cassettes spécifique (750 F), mais aussi un contrôleur capable de
gérer jusqu'à 4 unités de disquettes de capacité limitée (80 Ko). Deux
manettes de jeux (570 F) peuvent être connectées au TO7/70. Thomson propose
le choix entre deux imprimantes : l'une, thermique (2 200 F), imprime sur 40
colonnes et peut servir pour les listes des programmes. La seconde,
matricielle 80 colonnes, est une imprimante plus professionnelle capable
également de restituer les graphiques. Elle coûtait 2 950 F, auxquels il
fallait ajouter 230 F pour le câble et 650 F pour le contrôleur de
communication. Le modem était à connexion directe : autrement dit, il se
branche directement sur la prise téléphonique et permet des transmissions de
meilleure qualité qu'un coupleur acoustique. Ce modem fait partie d'une
extension dite «télématique» qui permet l'accès aux banques de données
gérées par Minitel (1 750 F). Elle permet également de stocker des pages
d'écran de Minitel sur cassette, disquette ou imprimante.
L'originalité des produits offerts par Thomson les distinguaient nettement
du reste des ordinateurs familiaux du tout début des années 80.
MO5
Après
le T07, Thomson récidiva en lançant deux nouveaux modèles, le T07/70,
version enrichie du T07, et le M05, moins cher et plus performant. Comme le
T07, le M05 possède un logement pour enficher des logiciels sur cartouche de
mémoire morte. Mais, cette fois, le BASIC est intégré, la capacité de
mémoire vive passe de 22 à 32 Ko et le clavier à membrane fait place
avantageusement à des touches en caoutchouc, qui, si elles sont loin
d'offrir le confort d'utilisation d'un clavier mécanique, sont bien
meilleures que celles du T07. Le M05 se présente comme le fleuron de la
micro-informatique française. Il fut choisi par la chaîne de télévision
publique TF1 pour les émissions d'initiation à l'informatique destinées au
grand public.
Le clavier, au standard AZERTY,
assure de multiples fonctions : la touche ACC permet l'accès à tous les
caractères accentués français. La touche BASIC permet d'obtenir directement
un grand nombre de fonctions BASIC préprogrammées. Des touches spéciales
d'édition facilitent la programmation : insertion, effacement, déplacement
du curseur. Enfin, une touche marquée RAZ (remise à zéro) efface l'écran.
Le M05 est capable d'afficher 25 lignes de 40 caractères. Son mode graphique
est tout à fait convenable : 320 x 200 points et 16 couleurs. Il ne dispose
cependant pas de sprites, mais l'utilisateur peut redéfinir lui-même 128
caractères graphiques. L'originalité du M05 se manifeste essentiellement
dans sa possibilité de réaliser des incrustations vidéo, c'est-à-dire
mélanger des lignes de texte ou de graphisme programmé à une image vidéo,
par exemple celle du téléviseur. Il est toutefois nécessaire, pour y
parvenir, de posséder une interface dite d'incrustation, proposée en option
(490 F). Il existe en outre une «carte à numériser» (1 127 F) qui permet de
restituer sur imprimante l'image produite par une caméra vidéo et de
sauvegarder cette image sur cassette. Le M05 peut également être utilisé
comme un terminal Minitel couleur, grâce à une interface vidéotex (1
75015F). Les possibilités sonores, médiocres en version de base, peuvent
être améliorées par l'adjonction d'une extension offrant quatre voix et cinq
octaves (570 F). Les circuits sont moins nombreux et mieux conçus que sur le
T07.
Le M05 dispose de 32 Ko de mémoire vive accessible à l'utilisateur. Cette
capacité de mémoire est confortable dans la version de base, mais n'est
malheureusement pas extensible.
Le BASIC, résident à la différence du T07, ressemble beaucoup à son aîné. Il
s'agit d'une version classique du BASIC Microsoft, assez complet, mais
privée toutefois des raffinements que l'on trouve sur les ordinateurs
fabriqués en Angleterre à l'époque, et qui permettent une meilleure
structuration des programmes, à l'image de celle offerte par le langage
Pascal, le Forth et le Logo.
Il y a incompatibilité au niveau des logiciels entre le M05 et le T07.
Dommage car un nombre important de logiciels avaient été développés pour le
T07 et sont donc inutilisables, tels quels, pour le M05. Cette
incompatibilité n'est pas tant due aux différences - minimes - entre les
deux versions différentes du BASIC, qu'à la différence des formats des
lecteurs de cassettes. Afin de remédier à cette situation, Thomson transféra
des logiciels écrits à l'origine pour le T07 en programmes exécutables par
le M05. Il proposa des cassettes à deux faces, chacune correspondant à l'un
de ces deux ordinateurs.
Cette incompatibilité correspond donc à celle des deux magnétophones dédiés
: le M05, comme le T07, est incapable d'enregistrer ses programmes sur un
magnétophone courant. On y gagne en fiabilité, car le lecteur de cassettes
que proposait Thomson (650 F) n'engendre pas d'erreurs de chargement ou de
lecture. Mais le prix non négligeable de cet appareil, proposé en option,
représentait une part dont il fallait tenir compte lorsqu'on souhaitait
acquérir un M05. Le crayon optique, présent sur la version de base du T07,
était proposé en option (1 90 F). Les lecteurs de disquettes sont identiques
(3 450 F pour le lecteur et le contrôleur).
Le M05 se révélait un excellent outil d'initiation. C'est un matériel fiable
et bien conçu. Ses possibilités d'extension limitées le réservaient
toutefois à une stricte utilisation domestique.
1986-1989
MO6
Il
s'agit de l'aboutissement de la gamme MO, avec un clavier mécanique au look
"trétréprodanlemouve", une palette de 16 couleurs sur 4096, 128Ko de mémoire,
un lecteur de K7 intégré ..mais toujours le même processeur 6809 a 1 MHz....
TO8 & TO8D

TO9
Le Thomson TO9 était le modèle supérieur de la gamme TO, avec laquelle il offre une compatibilité ascendante (tout logiciel fonctionnant sur T'07 ou T'07/70 est utilisable sur le T'09). Le T'09 présente un aspect professionnel, avec un important boîtier parallélépipédique qui contient l'unité centrale et un lecteur de disquettes de 3,5 pouces. Sur ce boîtier vient se brancher en façade, par un cordon téléphone, le clavier mécanique .
Ce clavier est bien entendu AZERTY accentué, est très complet : il comporte un
bloc numérique, avec sa propre touche de validation, un pavé de gestion de
curseur avec les touches d'effacement et d'insertion utiles pour la
rédaction de programmes en BASIC, cinq touches fonctions programmables. Le
blocage des majuscules est marqué par une diode lumineuse sur la touche
correspondante. L'ensemble permet donc d'envisager sans déplaisir des
activités professionnelles.
Le microprocesseur est un 6809E gère une mémoire de 128 Ko qui, assortie aux
104 Ko de programmes en mémoire morte. La gestion de la mémoire est
transparente pour 1'utilisateur. On notera une originalité, la possibilité
de connecter des cartouches externes, comportant jusqu'à 64 Ko de mémoire.
Cette extension mémoire peut jouer le rôle d'un disque virtuel.
La
gestion de l'écran permet une grande souplesse avec huit modes de
visualisation qui permettent, entre autres, l'affichage en 80 colonnes (deux
couleurs, avec 640 points par 200), ou un mode point à point avec les seize
couleurs (160 par 200).
Le lecteur de disquettes intégré, au format de 3,5 pouces, offre 320 Ko de
stockage par disquette formatée en simple face double densité. On peut
connecter un deuxième lecteur à l'arrière de l'unité centrale.
Le BASIC 128 intégré est largement enrichi par rapport au BASIC Microsoft
qui équipe le reste de la gamme TO. Il intègre bien entendu les instructions
de gestion des fichiers sur disquette, mais aussi des extensions précieuses;
il offre entre autres une fonction de boucle conditionnelle DO... LOOP, des
possibilités de chaînage entre programmes avec protection de variables, des
instructions analogues à celles de la tortue de Logo, la gestion d'une
souris et de fenêtres graphiques.
Par ailleurs, la syntaxe et la rapidité d'un certain nombre d'instructions a
été améliorée. Dans l'ensemble, le BASIC 128 rejoint les meilleurs BASIC des
machines anglaises. Le BASIC Microsoft qui équipe le reste de la gamme TO
est lui aussi disponible.
Par ailleurs, le T09 offre deux logiciels professionnels : un traitement de
texte, géré par icônes, avec le crayon optique ou une souris (environ 440 F)
et un logiciel de gestion de fichier qui permet de gérer une documentation
familiale d'environ six cents fiches sur une seule disquette. Compatible
avec le reste du système T09, ce logiciel offrait un premier contact facile
avec les outils de bureautique de l'époque
Le T09 arrivait malheureusement un peu tard dans un catégorie déjà occupée
par l'Apple II et surtout l'IBM PC... dommage qu'il présentait une évolution
vraiment intelligente du système TO.
Le plan Informatique Pour Tous
En
1984, le gouvernement de Laurent Fabius annonce un plan d'informatisation
des écoles. Officiellement il s'agit d'introduire l'informatique auprès des
futurs citoyens de notre république.
Officieusement c'est en fait un plan de sauvetage de la division Micro-ordinateur de l'entreprise public Thomson qui bat de l'aile.
Le résultat s'avéra rapidement catastrophique....
Ce choix purement politique n'était pas le premier du genre, car quelques années auparavant, Pierre Mauroy, alors premier ministre, avait refusé l'installation d'une usine Apple Computer, pour protéger la déjà vacillante Thomson Micro-informatique.
Si les ordinateurs Thomson n'étaient pas des nullités, le choix pour l'éducation du MO5 et du TO7 et leur successeurs (TO7/70, MO6, TO8, TO8D) était déjà alors à l'époque extrêmement critiquable : mémoire insuffisante, interface entrée/sortie insuffisante, périphériques fragiles, faiblesse audio-visuelle... Ces machines faisait pâle figure face au nouveau Macintosh sorti en 1984 !
De plus, si l'état débloque des sommes astronomiques pour l'achat du matériel... Celui consacré a la formation des professeur, a l'embauche d'un personnel éducatif qualifié, la production de logiciel et l'entretien du matériel est ridicule...
De fait, la plupart des logiciels développés sont piteux....ils se limitaient a des jeux de questions/réponses (dont des tests démontreront l'inutilité éducative) a l'interface fort peu stimulant: les logiciels n'exploitaient pas les capacités sonores et graphiques des machines ! tout était en semi-graphique vidéotex avec simple bip....comme le minitel ! de fait les ordinateurs qui avaient été reliés dans chaque salles a de coûteux nanoréseaux (avec tête de réseau Bull PC ou Goupil PC)...se limitait a jouer les terminaux !!! bref autant avoir installé des minitel un peu boostés !!!

Au final, les micros installés dans les écoles croupissent souvent dans les placards.
Thomson et sa division informatique, à peine remonté par le plan Informatique Pour Tous, elle a fermer ses portes en 1989, un an après la fin de commercialisation des derniers modèles...
La preuve du peu de compréhension des hommes politiques vis à vis de l'informatique est la situation actuelle...

THOMSON
TO7 THOMSON
TO7-70 THOMSON
TO8 THOMSON
TO8d THOMSON
TO9 THOMSON
TO9+
THOMSON
MO5 Platini THOMSON
MO5 Hinault THOMSON
MO5 THOMSON
MO5NR THOMSON
MO5e THOMSON
MO6 OLIVETTI PC128
THOMSON
Micromega 16 THOMSON
Micromega 32 THOMSON
TO16