En commençant ce bricolage je n'imaginais pas ce qui allait arriver.
L'idée d'origine était d'utiliser une des Novus 842R cédées pour une bouchée de pain par doum-doum (je crois, me corriger) de façon non destructive, pour en faire un compteur qui s'incrémenterait de 1 à chaque appui sur un bouton.
Pourquoi ?
Oui, pourquoi ? Disons que c'était à des fins éducatives pour mon fils : fer à souder, compréhension d'un circuit, et simplement "réaliser un truc" : toute une aventure !
Ca ne s'est pas passé comme prévu...
Donc, la première chose a été de retirer les vieux accus soudés et morts, facile avec deux coups de fer.
Les deux fils, aimablement colorés en rouge et noir (pfff c'te chanson... toute ma jeunesse... bref), se voient prolongés jusqu'à un pack de piles qui traîne.
On actionne l'interrupteur, et... elle est vivaaannnnnte !!
Un essai montre qu'en tapant 1 puis + et en répétant des appuis sur +, l'afficheur s'incrémente bien gentiment comme souhaité. Nous allons donc tenter de connecter notre bouton en parallèle de la touche +.
Etape 1 : ok.



Par l'arrière (photo 2), on devine les contacts qui mènent au clavier, donc via un très sophistiqué voltmètre nous mesurons la résistance pendant qu'on appuie sur + pour détecter un changement entre deux contacts.
Mais de même que la résistance est futile, les mesures d'icelle ne donnent rien. On peut supposer que la résistance reste élevée et qu'on ne verra rien... plus tard nous saurons que la vérité est ailleurs...
En tout cas on passe maintenant au plan B vu que tout ne se déroule pas sans accroc.
LE PLAN B
Evidemment on n'a pas de plan B mais démontons le truc et tripotons tout d'un air concentré.
La construction est simple mais de qualité, tout est état neuf et bien brillant, le clavier est relié au circuit imprimé par une nappe souple comme on le devinait, et le circuit intégré qui dirige le tout est un beau MM5762N de chez NS évidemment.



MM5762... TING !! Idée !
Voyons la data sheet comme disent les habitants du pays du Pudding. On saura quelles broches servent à quelles touches et en testant la continuité sur le connecteur du clavier, ça va marcher !
Mais mais maiiiiiis qu'est-ce que ça veut dire la mention "MMS5762 - 8-digit financial calculator, memory" sur la page de www.rskey.org ???
Je ne vois rien de financier sur ce clavier ? Et HOP BINGO !!
Le MM5762 offre en fait pas mal de fonctions supplémentaires dont n, VAL, LOAN, SAV, SOD, i, AMT, Y^X !
Ce truc est capable de calculer des puissances...
Evidemment on va faire ça, notre fidèle voltmètre Prisunic à la main, on trace la main tremblante le plan qui va nous mener à la "puissance" suprême !
Deux magnifiques soudures plus tard, ça marche.


Mais euh ? On dirait que ça ne calcule pas vraiment des puissances ?
Ca fait un peu comme un changement de signe...
Eh oui, ces perfides de chez NS n'ont pas câblé un des contacts, donc je me suis gourré d'un et ai soudé sur D4 / K3 au lieu de D5 / K2. A se foutre des baffes.
Mais c'est une loi bien connue de l'électronique, que ça ne marche JAMAIS du premier coup (enfin, avec moi cette loi marche très bien). A croire que le talent d'un électronicien se mesure moins à sa capacité à faire marcher les trucs qu'à expliquer pourquoi ça ne marche pas...
On ressoude et là ça fait des choses, la machine affiche obstinément des 0.0.0.0.0.0.0.0, on progresse.
En tout cas ça ne fume pas.
Après quelques tâtonnements familiers aux Champollions de la caltoche, je me rends compte que pour calculer A^B il faut taper : A x B <chti bouton>
Et c'est le Graal ! Nous pouvons triomphalement élever 2 à la puissance 16, et même calculer 31.27842 ^ 2.58741, mais pour cette dernière épreuve le biniou mouline en surmultipliée comme si sa dernière heure était venue, et finit par nous gratifier d'un sublime chiffre après la virgule : 7392.8, c'est mon dernier mot Jean-Pierre.


Voilà, salut des artistes et rideau.
G.E.
EDIT : oui oui ok prix Nobel de soudure, je sais...













