Ce week-end j'ai enfin mis la main sur une superbe calculatrice de table antique (grâce au compère Tipoucet), l'avantage avec ce genre de bidule c'est qu'elles intéressent extrêmement peu de gens, et le prix s'en ressent en dépit de la rareté.
Il faut cependant avec ce vieux matériel que l'expéditeur consente à faire un colis déjà très gros, mais en plus très très bien protégé. En effet, vous l'aviez deviné, c'est une "Nixie" des années 70, le truc fragile.
Voilà le genre de colis que ça donne :

Hop on ouvre, et là surprise (hum hum...) c'est une vieille Casio !! Tout est Super bien emballé, j'adore !! Ce donne presque envie de shooter dedans par pur défi... Non quand même...



La belle s'offre à nos regards, il s'agit d'une Casio AL-2000, une machine programmable à 14 chiffres et 4 mémoires.
Tout de suite saute aux yeux une anomalie : un bon nombre de touches sont enfoncées, et une simple traction ne permet pas de les remettre dans leur position haute. Souvent ce problème existe lorsque les touches sont simplement collées, le plus souvent lorsque le précédent propriétaire a bêtement répandu un soda ou autre liquide sucré sur le clavier... ce qui déclenche souvent chez eux le réflexe de vendre la machine...

Bien sûr la machine m'était vendue comme 'fonctionnant', ce qui est manifestement difficile. Je branche et effectivement les Nixies s'allument toutes franchement (super), mais il n'y a aucune réponse au clavier (bouh).
C'est là qu'une des particularités agréables de ces bécanes prend toute sa valeur : elles sont totalement démontables.
Hop quelques coups de tournevis plus tard, voici le clavier avec quelques touches retirées :

Le clavier est de type "reed switch", c'est à dire que les touches n'assurent aucun contact mécanique, elles se contentent d'approcher un aimant d'un contact ILS qui se ferme donc à l'approche dudit aimant.
L'intérêt de ce montage est d'être virtuellement inusable.
Le clavier est vraiment sale, d'ailleurs la machine dégage une odeur de bureau enfumé, il y a des amas de poussières et le plastique de la platine est vaguement collant.
Je retire donc toutes les touches pour un grand nettoyage :


Chaque touche est constituée de 6 éléments :
- Le cabochon portant la légende de la fonction
- le "plongeur" recevant le cabochon, et qui porte l'aimant en partie basse
- le ressort qui maintient la touche en position haute en absence de pression
- une plaque qui maintient le tout
- un petit caoutchouc posé sur la plaque et sur lequel le plongeur arrive en butée lors d'une pression
- des vis qui tiennent la plaque
Ca donne le schéma suivant (figure de gauche).

En fait le problème est que le petit caoutchouc a durci avec l'âge, voire s'est désagrégé, et qu'à force de pressions sur les touches, il a fini par traverser la plaque et bloquer la touche en position basse (figure de droite).
J'ai voulu tester que tout fonctionnait, en enlevant toutes les touches en contact permanent et en en remettant une temporairement.
...Et ça marche ! Là j'ai mis le chiffre "6", la saisie et les additions fonctionnent, je suis sûr que tout est bon, mais on verra plus tard pour programmer ce bébé... Prochaine partie du reportage.


La Casio AL-2000 est programmable avec une capacité de 30 pas, et contient une mémoire à tores de ferrite offrant 4 registres de stockage pour l'utilisateur. A part les opérations arithmétiques, la racine carrée est disponible.
Elle consomme 27 W, pèse 6,8 kg (un beau bébé), de façon amusante la notice révèle l'utilisation de 90 circuits intégrés MOS (sur 5 cartes), 190 transistors et 960 diodes !!
Cette machine semble dater de début 1970 selon Rick Bensene.
Wow je l'aime ma Casio...
A+
G.E.









